
Installation autoconsommation : prix, rentabilité et règles
Une facture d'électricité qui ne baisse pas, un toit exposé au sud qui ne sert à rien, l'envie de moins dépendre du réseau : l'autoconsommation solaire attire de plus en plus de propriétaires. Mais le cadre a beaucoup changé en 2026, et un calcul de rentabilité fait il y a un an ne vaut plus aujourd'hui.
Une installation autoconsommation produit de l'électricité que vous consommez directement chez vous. Comptez environ 6 750 € TTC pour 3 kWc et 10 870 € pour 6 kWc avec la TVA à 5,5 %. Depuis juin 2026, le surplus vendu à EDF OA ne rapporte plus que 1,1 c€/kWh et la prime à l'autoconsommation a disparu : tout se joue désormais sur la part que vous consommez vous-même.
À retenir
- Étude de votre toiture et de votre consommation sans frais, avec un rappel par un conseiller sous 24h.
- Dimensionnement calé sur ce que vous consommez en journée, pas sur la surface du toit.
- Pose par des installateurs du réseau certifiés RGE QualiPV, obligatoire pour signer un contrat de rachat.
- Pas de « panneaux gratuits » : un prix TTC, une production estimée et un retour sur investissement réaliste.
Pourquoi le solaire se calcule autrement depuis juin 2026
Jusqu'au printemps 2026, une installation solaire se rentabilisait en partie par la vente du surplus et par une prime versée à l'installation. Ces deux leviers ont presque disparu. Ce qui reste, c'est l'électricité que vous n'achetez plus à votre fournisseur.
Les situations qu'on rencontre le plus souvent :
Avant tout projet, trois questions décident du résultat : à quelle heure consommez-vous, votre toit est-il bien orienté et sans ombre, et la couverture est-elle en bon état ? Une toiture à refaire dans quelques années se refait avant la pose. Et une maison qui perd sa chaleur consommera toujours trop : l'isolation passe souvent avant le solaire.
Ce qui a changé en 2026
- Janvier 2026 : la TVA à 10 % sur les petites installations disparaît ; reste 5,5 % sous conditions jusqu'à 9 kWc, sinon 20 %.
- Juin 2026 : le surplus est racheté 1,1 c€/kWh pour les nouvelles installations, contre 4 c€/kWh auparavant, avec une rémunération plafonnée à 1 600 kWh injectés par kWc et par an.
- Juin 2026 : la prime à l'autoconsommation est supprimée pour les nouvelles demandes.
- Jusqu'à 9 kWc, la vente de toute la production n'est plus possible : seul le surplus peut être vendu.
- Contrat signé avant ces dates : vos conditions sont conservées.
Autoconsommation avec vente du surplus : 3, 6 ou 9 kWc ?

C'est le montage le plus répandu : les panneaux alimentent d'abord la maison, et ce qui n'est pas consommé part sur le réseau, racheté par EDF OA dans le cadre d'un contrat de 20 ans. La puissance se choisit selon votre consommation de journée.
Repères habituels : 3 kWc (environ 7 panneaux de 450 Wc, 14 m²) pour un foyer sans chauffage électrique, 6 kWc pour une famille avec pompe à chaleur ou chauffe-eau électrique, 9 kWc pour une grande maison tout électrique avec véhicule électrique. Un kWc produit de 900 kWh par an dans le nord à 1 400 kWh dans le sud, selon l'orientation et l'ombrage.
Avec 1,1 c€ par kWh revendu, surdimensionner ne sert plus à rien : sur une installation de 6 kWc consommée à 40 % sur place, la vente du surplus rapporte de l'ordre de 44 € par an, selon les estimations publiées en 2026. La règle est donc simple : viser la puissance que vous pourrez consommer, pas la plus grande que le toit accepte.
| Puissance | Profil du foyer | Prix TTC indicatif (TVA 5,5 %) | Production annuelle estimée |
|---|---|---|---|
| 3 kWc | 2 à 3 personnes, sans chauffage électrique | environ 6 750 € | 2 700 à 4 200 kWh |
| 6 kWc | Famille, PAC ou chauffe-eau électrique | environ 10 870 € | 5 400 à 8 400 kWh |
| 9 kWc | Grande maison tout électrique, véhicule électrique | environ 14 030 € | 8 100 à 12 600 kWh |
Autoconsommation totale et kits prêts à brancher : la déclaration CACSI

Vous pouvez aussi consommer toute votre production sans rien vendre. C'est le cas des petits kits « plug and play » de 300 à 800 W, posés au sol, sur une terrasse ou un balcon, et de certaines installations plus grandes bridées pour ne pas injecter sur le réseau.
Dans ce cas, une démarche reste obligatoire, quelle que soit la puissance : la convention d'autoconsommation sans injection (CACSI), à remplir gratuitement en ligne auprès d'Enedis ou du gestionnaire de réseau local. Il n'existe pas de seuil de dispense, même pour un kit de quelques centaines de watts. Sans elle, vous vous exposez à des difficultés avec votre assurance en cas de sinistre.
Un kit de 300 à 500 Wc produit de l'ordre de 240 à 700 kWh par an selon la région et l'exposition : il couvre surtout la consommation de fond (réfrigérateur, box, veilles). Côté branchement, la norme électrique NF C 15-100 encadre le raccordement : un circuit dédié est plus sûr qu'une prise ordinaire. En copropriété, un kit sur balcon demande l'accord du syndic s'il touche à la façade.
| Point | Kit prêt à brancher | Installation avec vente du surplus |
|---|---|---|
| Puissance courante | 300 à 800 W | 3 à 9 kWc |
| Démarche Enedis | CACSI, gratuite, en ligne | Demande de raccordement et contrat EDF OA |
| Pose | Possible soi-même | Installateur RGE QualiPV pour le contrat de rachat |
| Surplus | Non rémunéré | 1,1 c€/kWh pendant 20 ans |
| Usage | Consommation de fond | Couvrir une part importante de la consommation |
Monter son taux d'autoconsommation : pilotage, chauffe-eau et batterie

Sans rien changer à vos habitudes, une maison consomme en général 30 à 40 % de sa production solaire. Le reste part sur le réseau pour presque rien. Trois leviers permettent de monter ce taux.
Le premier est un système de gestion de l'énergie, qui fait d'ailleurs partie des conditions de la TVA à 5,5 % : il lance le lave-linge, le lave-vaisselle ou la recharge de la voiture quand les panneaux produisent. Le deuxième est le chauffe-eau électrique piloté en journée, avec un routeur qui envoie le surplus dans le ballon : c'est souvent le moyen le moins coûteux de valoriser sa production.
Le troisième est la batterie, qui stocke le surplus pour le soir. Avec une batterie d'environ 10 kWh sur une installation de 6 kWc, le taux d'autoconsommation peut passer à 60 à 80 %. Mais elle reste chère et sa TVA est de 20 % : elle se justifie surtout pour un foyer qui consomme beaucoup le soir. Enfin, une pompe à chaleur peut caler une partie de son fonctionnement sur les heures ensoleillées, surtout pour l'eau chaude et la mi-saison.
| Levier | Effet | Coût | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Gestion de l'énergie (EMS) | Décale les appareils sur les heures de production | Faible, souvent inclus | Tous ; condition de la TVA à 5,5 % |
| Routeur sur chauffe-eau | Chauffe l'eau avec le surplus | Quelques centaines d'euros | Foyers avec ballon électrique |
| Batterie | Taux d'autoconsommation porté à 60-80 % (environ 10 kWh pour 6 kWc) | Élevé, TVA à 20 % | Forte consommation le soir |
Quel montage pour votre foyer ? Comparatif et prix 2026
Le bon montage dépend de votre consommation de journée, de votre budget et de votre logement. Comparez les devis à contenu identique : même puissance, mêmes panneaux, même taux de TVA.
| Critère | Kit prêt à brancher | Toiture avec vente du surplus | Toiture + batterie | Autoconsommation collective |
|---|---|---|---|---|
| Budget | Quelques centaines d'euros | 6 750 à 14 030 € (3 à 9 kWc) | Toiture + batterie, sur devis | Variable, selon l'opération |
| Part de la consommation couverte | Faible | Moyenne, selon le profil | Élevée | Selon la répartition |
| Démarches | CACSI | Déclaration préalable, Consuel, Enedis, EDF OA | Idem + batterie | Structure organisatrice et convention avec Enedis |
| Pour qui | Locataire, appartement, petit budget | Propriétaire de maison, présence en journée | Forte consommation le soir | Voisins, copropriété, quartier |
Autoconsommation collective et exemple chiffré
- L'autoconsommation collective permet de partager la production d'un toit entre voisins, au sein d'une structure organisatrice qui signe une convention avec Enedis. En septembre 2026, 2 620 opérations réunissaient 29 757 participants en France.
- Un décret du 26 juin 2026 a revu les règles de répartition de l'énergie entre participants, pour maximiser la part consommée localement.
- Exemple : une installation de 6 kWc produisant 7 200 kWh par an, consommée à 50 % grâce au pilotage du chauffe-eau, évite l'achat de 3 600 kWh au réseau. À 0,20 € le kWh payé à votre fournisseur (à vérifier sur votre facture), cela représente environ 720 € par an, auxquels s'ajoutent une quarantaine d'euros de vente du surplus.
Pour chiffrer votre projet global (solaire, isolation, chauffage), vous pouvez simuler les aides auxquelles vous avez droit. Pour un projet près de chez vous, voyez par exemple notre page installateur panneaux solaires Cognac.
Votre toit est-il rentable avec les nouvelles règles ? Un conseiller vous rappelle sous 24h et organise l'étude de votre toiture et de votre consommation.
Demander l'installation autoconsommationDe l'étude de toiture à la mise en service
Comptez en général deux à quatre mois entre la signature et la mise en service : un mois pour la déclaration préalable en mairie (davantage en secteur protégé), une à deux journées de pose, puis l'attestation Consuel et le raccordement par Enedis.
- 01Prise de contact
Vous transmettez une facture récente et l'adresse du logement, un conseiller vous rappelle sous 24h.
- 02Étude de la toiture et de la consommation
Orientation, inclinaison, ombrages, état de la couverture et de la charpente, tableau électrique, emplacement de l'onduleur, secteur protégé ou non, courbe de consommation du compteur Linky.
- 03Devis détaillé
Il doit indiquer, ligne par ligne, la puissance en kWc, le nombre, la marque et la référence des panneaux, la certification bas carbone et le système de gestion de l'énergie si la TVA à 5,5 % est appliquée, l'onduleur ou les micro-onduleurs et leurs garanties, la production annuelle estimée et le taux d'autoconsommation retenu, les démarches comprises (déclaration préalable, Consuel, raccordement Enedis, contrat EDF OA ou CACSI), la batterie à part avec sa TVA à 20 % si elle est proposée, et la certification RGE QualiPV, l'assurance décennale, les délais et l'échéancier de paiement.
- 04Démarches et pose
Déclaration préalable en mairie, puis pose en une à deux journées : rails, panneaux, câblage, onduleur, protections. Vous restez chez vous ; le courant n'est coupé que brièvement.
- 05Mise en service
Attestation Consuel, mise en service par Enedis, signature du contrat EDF OA ou de la CACSI. L'installateur vous montre le suivi de production et règle le pilotage des appareils.
Installation autoconsommation
Avant de signer, faites calculer ce que votre toit produira et ce que vous consommerez vraiment sur place.
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